S'attarder sur Facebook est toujours une erreur. En particulier la veille de la rentrée, quand les retards se sont accumulés dans les devoirs. Ce soir donne raison à ma bonne conscience.
Le piano chante Titanic sous les doigts habiles de mon frère tandis que je fais défiler le fil d'actualités. Deux liens. Deux vidéos sur le vol en avion de chasse. Malgré moi je souris d'abord. Ce garçon ne changera pas. Les notes tristes papillonent jusque moi. Rapidement, les films deviennent une épreuve.
Le ciel appelle ce garçon. Inévitablement, il volera loin de moi : personne ne pourra le retenir, rien ne pourra le garder. Il échangerait sa vie contre une carrière dans l'aéronavale. Sûrement, il mourrait. L'armée est en effet une affaire de chance. A l'évidence, il serait ainsi heureux : sa vie, il la réserve au ciel. Or personne n'est assez égoïste pour retenir un ami du bonheur et du succès. Car il s'agit bien de succès : je crois en lui. C'est pourquoi je veux sourire et lever le pouce avec conviction chaque fois qu'il me parlera de son départ prochain.
Ca y est, je déprime ... Je suis incapable de me concentrer ou de travailler.



